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Situation fiscale

Mise à jour : 1er janvier 2019

Profitez-vous de toutes les déductions fiscales et de tous les crédits d’impôt auxquels vous avez droit? Avez-vous des pertes en capital reportées?

Il est important de connaître les différents crédits d’impôt ou déductions fiscales auxquels on a droit car ces éléments ont pour effet de réduire la facture fiscale. Mais d’abord, connaissez-vous la différence entre une déduction fiscale et un crédit d’impôt?

Déduction ou crédit d’impôt

La déduction a pour effet de réduire votre revenu imposable. Comme notre système fiscal prévoit des taux progressifs d’impôt, une déduction représentera un avantage différent d’un particulier à l’autre dépendamment du taux marginal d’impôt qui est propre à chacun. Un petit rappel :

Le tableau suivant présente les taux d'imposition marginaux approximatifs des particuliers résidant au Québec en 2019.
Paliers d'imposition 
Revenus divers1
12 069 $ à 15 269 $ inclusivement
12,53 %
15 270 $ à 43 790 $ inclusivement
27,53 %
43 791 $ à 47 630 $ inclusivement
32,53 %
47 631 $ à 87 575 $ inclusivement
37,12 %
87 576 $ à 95 259 $ inclusivement
41,12 %
95 260 $ à 106 555 $ inclusivement
45,71 %
106 556 $ à 147 667 $ inclusivement
47,46 %
147 668 $ à 210 371 $ inclusivement
49,97 %
plus de 210 372 $
53,31 %
1Il s'agit ici des taux d'imposition marginaux, soit le taux qui s'applique à chaque dollar de revenu additionnel.


Ainsi, pour un particulier dont le revenu imposable annuel est de 30 000 $, une déduction de 100 $ représentera 27,53 $ d’économie d’impôt, tandis que pour un particulier dont le revenu imposable annuel est de 60 000 $, cette même déduction représentera une économie de 37,12 $.

À la différence de la déduction, le crédit d’impôt réduit directement le montant d’impôt à payer. Ainsi, 100 $ de crédit d’impôt représente une économie d’impôt de 100 $. Un crédit d’impôt aura donc la même valeur d’un particulier à l’autre, peu importe son revenu imposable. Cependant, certains crédits sont réduits lorsque le revenu net du particulier (ou de la famille) atteint certains seuils préétablis.

Une distinction s’impose entre les crédits d’impôt remboursables et les crédits d’impôt non remboursables. Les crédits non remboursables, de la même façon que les déductions d’ailleurs, perdent leur valeur si on n’a aucun impôt à payer pour l’année. Il est à noter que certains crédits non remboursables sont transférables entre conjoints et que d'autres sont reportables.

Voici une liste des principales déductions pouvant être réclamées :

  • Les cotisations effectuées à un régime de pension agréé ou à un REER;
  • les pertes déductibles au titre d’un placement d’entreprise;
  • les cotisations annuelles syndicales, professionnelles et semblables (au fédéral seulement; au Québec, il s’agit d’un crédit d’impôt).

Dans certains cas, les frais d’intérêts, la pension alimentaire versée à un ex-conjoint, les frais de déménagement, les frais juridiques et certaines dépenses de travailleurs autonomes sont déductibles.

Les pertes en capital sont également déductibles à 50 %, mais elles ne peuvent, en temps normal, être déduites qu’à l’encontre de gains en capital imposables. Lorsque des pertes en capital ne peuvent être utilisées au cours de l’année où elles sont réalisées, elles peuvent être reportées rétrospectivement à l’encontre des gains en capital imposables des trois années antérieures, à la condition que la déduction pour gain en capital n’ait pas été utilisée au cours de l’année visée. À défaut d’être utilisée pour des années antérieures, les pertes en capital peuvent être reportées dans le futur pour une période indéfinie.

Voici une liste des principaux crédits d’impôts non remboursables disponibles en 2019 :

Crédit1
Fédéral (15 %)2
Québec (15 %) 
De base
12 069 $
15 269 $
Personne vivant seule
s.o.
1 750 $
Supplément pour famille monoparentale
s.o. 2 160 $
Conjoint ou personne à charge admissible
12 069 $
s.o.
Contribution parentale pour enfants majeurs aux études
s.o.
10 482 $
Études postsecondaires (par session), personne à charge mineure (max. 2 sessions)
s.o.
2 933 $
Intérêts sur prêt étudiant
Frais admissibles
Frais admissibles
Montant pour aidants naturels    
 enfants de moins de 18 ans
2 230 $ s.o.
autre personne à charge de 18 ans ou plus
7 140 $ s.o.
Autre personne à charge majeure
s.o.
4 274 $
Montant pour emploi
1 222 $
s.o.
Montant accordé en raison de l’âge
7 494 $
3 212 $
Montant pour revenu de retraite
2 000 $
2 853 $
Montant pour déficience grave et prolongée
8 416 $
3 391 $
Supplément pour personne de moins de 18 ans
4 909 $
s.o.

1Le tableau indique les montants en dollars des crédits d’impôt personnels pour 2019. Le taux de 15 % au fédéral et au Québec s’applique aux montants en dollars indiqués dans le tableau pour obtenir la valeur du crédit.

2Les résidents du Québec ne paient pas la totalité de l'impôt fédéral en raison de l'abattement de 16,5 %. La valeur réelle des crédits d'impôt fédéraux est donc de 12,53 %.



Connaissez-vous les règles applicables au fractionnement du revenu de pension?

Depuis l’année d’imposition 2007, les particuliers résidents du Canada ont la possibilité de fractionner leurs revenus de pension avec leur conjoint, marié ou de fait, ayant un taux d’imposition plus bas.

C’est en préparant leurs déclarations de revenus que les retraités prennent la décision d’allouer jusqu’à 50 % de certaines rentes admissibles dans la déclaration de leur conjoint lorsque ce dernier a un revenu moins élevé. Ce montant est réduit dans le calcul du revenu du pensionné qui a reçu la rente. Les impôts retenus à la source des rentes visées sont aussi transférés dans les mêmes proportions que les revenus de retraite.

Il ne s’agit pas d’un transfert réel d’argent entre les conjoints, mais plutôt d’un choix fiscal effectué chaque année dans leurs déclarations de revenus respectives en remplissant les formulaires prescrits (T1032 au fédéral et annexe Q au Québec).

Le conjoint qui se voit attribuer ce montant dans sa déclaration de revenus doit donner son accord par écrit pour l’année en cause. Les deux conjoints seront également responsables des impôts à payer découlant de ce choix.

Les revenus de pension admissibles

Pour les particuliers âgés de 65 ans ou plus, le revenu de pension admissible comprend les paiements de rente viagère prévus par un régime de pension agréé (RPA), les paiements de rente prévus par un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) ou par un régime de participation différée aux bénéfices (RPDB) et les paiements provenant d’un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) ou d'un fonds de revenu viager (FRV).

Aux fins de l'impôt fédéral, le revenu de pension admissible pour les particuliers âgés de moins de 65 ans comprend les paiements de rente viagère prévus par un RPA ou autres paiements reçus à la suite du décès de l’époux ou du conjoint de fait.

Qu’importe la date où vous avez atteint 65 ans durant l’année, tout le revenu de pension reçu durant l’année est admissible. L’âge du conjoint à qui le revenu sera attribué n’a pas d’importance. Cependant, chaque couple doit bien analyser sa situation fiscale avant de fractionner le revenu de pension admissible.

Plus l’écart des revenus est grand entre les conjoints, plus les économies fiscales sont importantes. Certains retraités peuvent même récupérer leur pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV) avec ces règles. Assurez-vous toutefois, qu’un seul des conjoints rembourse la PSV dans le cas de revenus élevés.

Par ailleurs, en plus de bénéficier des avantages que procure le fractionnement de revenu sur les taux d’imposition, les couples peuvent doubler leurs crédits d’impôt pour revenus de pension. Pour les moins de 65 ans, seules les rentes de régimes de retraite sont admissibles à ce crédit. Pour les personnes âgées de 65 ans et plus, tous les revenus énumérés à la liste des revenus de pension admissibles donnent droit au crédit pour revenus de pension jusqu’à concurrence de 2 000 $. Au Québec, le crédit pour revenus de retraite peut être obtenu sur un revenu de retraite maximum de 2 853 $. Prenez note qu’au Québec seulement, l'âge n'est pas un facteur pris en considération pour déterminer l'admissibilité au crédit pour revenu de retraite.

 

Connaissez-vous votre taux d'impôt moyen? Votre taux d'impôt marginal?

Les particuliers canadiens sont imposés selon un système dit « progressif », ce qui signifie que le taux d'imposition s'accroît à mesure que le revenu imposable augmente. Nous payons de l'impôt sur nos revenus gagnés au cours d'une année et non pas sur notre patrimoine accumulé.

Taux d'imposition marginal et taux d'imposition moyen

Le taux d'imposition marginal est le taux qui s'applique à la dernière tranche de revenu imposable du particulier.

Le tableau suivant présente les taux d'imposition marginaux approximatifs des particuliers résidant au Québec en 2019.

Paliers d'imposition 
Revenus divers1
12 069$ à 15 269 $ inclusivement
12,53 %
15 270 $ à 43 790 $ inclusivement 27,53 %
43 791 $ à 47 630 $ inclusivement
32,53%
47 631 $ à 87 575 $ inclusivement
37,12 %
87 576 $ à 95 259 $ inclusivement
41,12%
95 260 $ à 106 555 $ inclusivement
45,71 %
106 556 $ à 147 667 $ inclusivement 47,46 %
147 668 $ à 210 371 $ inclusivement 49,97 %
plus de 210 372 $
53,31 %

1Il s'agit ici des taux d'imposition marginaux, soit le taux qui s'applique à chaque dollar de revenu additionnel.

Le taux d'imposition marginal est fréquemment utilisé pour évaluer l'économie d'impôts résultant d'une cotisation à un REER ou, inversement, d'impôts additionnels résultant d'une augmentation de revenu ou, encore, pour évaluer les avantages du fractionnement du revenu d'un couple. Compte tenu des programmes sociofiscaux surtout au Québec, une simulation est préférable selon certains niveaux de revenus.

Le taux d'imposition moyen ou effectif correspond au total des impôts d'un particulier divisé par son revenu imposable. Par exemple, un contribuable dont le revenu imposable a atteint 50 000 $ en 2019 paiera environ 10 380 $ en impôts, ce qui représente un taux d'imposition moyen d'environ 21 %. Ce taux sert souvent à évaluer l'impôt total sur un revenu projeté, par exemple, un revenu de retraite.

Le tableau suivant présente le taux d'imposition effectif par tranche de revenus imposables des particuliers résidant au Québec pour l'année d'imposition 2019.


Taux d'imposition 2019 (Résident du Québec)


Revenu imposable

Impôt total combiné


Taux d'imposition1
Taux effectif

Taux marginal

12 069 $
15 000 $
20 000 $
25 000 $
- $
367 $
1 703 $
3 079 $
0,00 %
2,45 %
8,52 %
12,32 %
12,53 %
12,53 %
27,53 %
27,53 %
30 000 $
35 000 $
40 000 $
45 000 $
50 000 $
4 456 $
5 832 $
7 208 $
8 645 $
10 380 $
14,85 %
16,66 %
18,02 %
19,21 %
20,76 %
27,53 %
27,53 %
27,53 %
32,53 %
37,12 %
55 000 $
60 000 $
65 000 $
70 000 $
75 000 $
12 236 $
14 092 $
15 947 $
17 803 $
19 659 $
22,25 %
23,49 %
24,53 %
25,43 %
26,21 %
37,12 %
37,12 %
37,12 %
37,12 %
37,12 %
80 000 $
85 000 $
90 000 $
95 000 $
100 000 $
21 515 $
23 371 $
25 324 $
27 380 $
29 653 $
26,89 %
27,50 %
28,14 %
28,82 %
29,65 %
37,12 %
37,12 %
41,12 %
41,12 %
45,71 %
105 000 $
110 000 $
115 000 $
120 000 $
125 000 $
31 939 $
34 285 $
36 658 $
39 031 $
41 404 $
30,42 %
31,17 %
31,88 %
32,53 %
33,12 %
45,71 %
47,46 %
47,46 %
47,46 %
47,46 %
130 000 $
135 000 $
140 000 $
43 777 $
46 150 $
48 523 $
33,67 %
34,18 %
34,66 %
47,46 %
47,46 %
47,46 %

1Taux d'imposition combinés (fédéral et provincial) maximum pour un célibataire


Vos dettes sont-elles structurées afin de maximiser la déductibilité des intérêts?

Le principe fiscal à la base de la déductibilité des intérêts, dans le calcul du revenu, est le suivant : un contribuable peut déduire les intérêts payés ou payables sur de l'argent emprunté en autant que l'emprunt soit utilisé en vue de tirer un revenu d'entreprise ou d'un bien. Une personne aura donc tout intérêt à rembourser de façon prioritaire les emprunts qui ne donnent pas droit à une déduction, tels les emprunts hypothécaires sur les résidences de la famille, un prêt auto, ou tout autre emprunt contracté pour l'acquisition de bien à usage personnel.

Il existe une technique fiscale appelée la « Mise à part de l'argent » qui consiste à structurer les affaires d'un travailleur autonome, ou d'un propriétaire d'immeuble(s) à revenus, afin de rendre déductibles les intérêts sur tout emprunt effectué indirectement à des fins personnelles. Comment? En utilisant tous les revenus bruts du travailleur autonome, ou les revenus bruts de location du propriétaire d'immeuble(s) à revenus, pour défrayer les dépenses personnelles et rembourser les emprunts personnels dont les intérêts ne sont pas déductibles. Par ailleurs, toutes les dépenses reliées à l'entreprise, ou à l'entretien de l'immeuble, sont payées à même une marge de crédit, probablement garantie par hypothèque, utilisée exclusivement pour l'entreprise ou l'immeuble à revenus. Les intérêts payés sur cette marge de crédit se qualifient alors comme intérêts déductibles puisqu'ils sont engagés en vue de tirer un revenu d'entreprise ou de bien. Notez cependant que d'autres conditions doivent être respectées.

 

Connaissez-vous le montant des impôts à payer lors de la vente de vos immeubles locatifs?

Gain en capital

Lorsque vous vendez un bien locatif à un prix supérieur au coût d'achat, vous devez déclarer un gain en capital. Le gain en capital représente la différence entre le prix de vente de l'immeuble et le coût d'achat. Les dépenses en capital viennent réduire le gain en capital puisqu'elles s'ajoutent au coût d'achat. Le gain en capital imposable correspond à 50 % du gain en capital et s'ajoute à vos revenus de l'année. On ne peut réaliser de perte en capital sur la partie « immeuble » mais seulement sur la partie « terrain ». Cette dernière sera déductible à 50 % et applicable envers un gain en capital imposable seulement. Pour la partie « immeuble » on parlera plutôt de perte finale.

Récupération d'amortissement

En plus de déclarer un gain en capital, vous devez ajouter la récupération d'amortissement à vos revenus de location pour l'année de la vente du bien. La récupération d'amortissement est la différence entre le coût en capital (prix d'achat de l'immeuble seulement en excluant le terrain) et la partie non amortie de cet immeuble au moment de sa vente, communément appelée la FNACC (fraction non amortie du coût en capital). Ce résultat est un revenu imposable à 100 % dans votre déclaration de revenus l'année de la vente et représente toutes les dépenses d'amortissement déduites pendant toutes les années où vous avez détenu cet immeuble locatif.

La dépense d'amortissement est un report d'impôt. Son avantage repose sur le fait qu'elle vous a permis de réduire votre revenu locatif imposable pendant toutes ces années. Elle devient encore plus avantageuse si vous vendez l'année où votre taux marginal d'imposition est bas. La déduction pour amortissement est calculée, selon un certain pourcentage déjà établi, sur le coût de l'immeuble en excluant le terrain car ce dernier n'est pas un bien amortissable. Cette dépense est venue réduire vos revenus de location imposables. Au cours des années, si vous avez effectué des travaux de rénovation majeurs ou d'agrandissement de vos immeubles, ces dépenses en capital sont venues s'ajouter au solde de la FNACC dans l'année où elles ont été effectuées.

Perte finale

Si votre immeuble a subi une baisse importante de valeur et que vous avez réclamé peu d'amortissement, vous serez peut-être alors en position de perte finale sur votre immeuble plutôt que d'avoir une récupération d'amortissement. Cette perte finale sera déductible à l'encontre de tous vos autres revenus et non seulement à l'encontre d'un gain en capital imposable.

Comme le terrain peut faire l'objet d'une perte en capital (déductible à 50 % contre des gains en capital imposables seulement) et l'immeuble, d'une perte finale, il est important de bien répartir votre prix de vente entre le terrain et l'immeuble lors du calcul de votre gain en capital ou de votre perte finale.

 

Si vous êtes entrepreneur ou professionnel à votre compte... Connaissez-vous les avantages et les inconvénients de l’incorporation?

L'exploitation d'une entreprise (activité commerciale) peut se faire sous diverses formes juridiques.

La société par actions est une entité légale distincte de ses actionnaires. Elle est responsable de payer les impôts sur son revenu.

Les taux d'imposition des sociétés par actions varient en fonction du type de revenu gagné par la société.

Les taux d'imposition sur le revenu d'entreprise active d'une société privée sous contrôle canadien (SPCC) sont les suivants :

  • sur le premier 500 000 $ de revenu d'entreprise active exploitée au Canada (partagé entre les sociétés associées) :
 
2017
2018
2019
2020
2021
Fédéral
10,5 %
10,0 %
9,0 %
9,0 %
9,0 %
Québec
8,0 %
7,0 %
 6,0 %
 5,0 %
 4,0 %
Total1
18,5 %
17,0 %
15,0 %
14,0 %
13,0 %

1Tels que proposés dans le budget 2018-2019.


  • au-delà de cette limite de 500 000 $ :
 
2017
2018
2019
2020
Fédéral
15,0 %
15,0 %
15,0 %
15,0 %
Québec
11,8 %
11,7 %
11,6 %
11,5 %
Total
26,8 %
26,7 %
26,6 %
26,5 %


Depuis 2017, l’accès au taux d’impôt réduit au Québec est limité aux sociétés qui rémunèrent au moins 5 500 heures au cours d’une année.

Pour les années d’imposition qui commencent après 2018, l’accès au taux réduit au fédéral diminue progressivement lorsque les revenus de placement passifs excèdent 50 000 $ par le truchement d’une réduction du plafond de 500 000 $. Le gouvernement du Québec a annoncé qu’il allait faire de même. 

Si un particulier incorpore son entreprise ou est déjà actionnaire d'une société privée sous contrôle canadien, ce dernier peut jouir d'un report d'impôts important s'il est déjà imposé au plus haut taux d'imposition marginal (au Québec : 53,31 %) et qu’il n’a pas besoin de la totalité des profits générés par la société.

Ce report d'impôts est égal à l'excédent du taux d'imposition du particulier sur le taux d'imposition effectif de la société.

Par exemple, si l'on suppose que Marc-André incorpore son entreprise (taux d'imposition de la société à 15 %) et que son taux d'imposition marginal est de 53,31 %, il pourra alors profiter d'un report d'impôts de 38,31 % (53,31 % - 15 %) sur les profits qu’il laisse dans la société. L’imposition aura lieu lorsque ces derniers seront versés à Marc-André sous forme de dividendes. Les impôts combinés (société et particulier) seront légèrement plus élevés que si Marc-André n’avait pas incorporé son entreprise, mais la société disposera de liquidités pour réduire son endettement, faire des dépenses en capital ou encore pour faire des placements de portefeuille. 

L'incorporation comporte certains avantages, mais aussi certains inconvénients :

Avantages

  • la société est une entité distincte de son actionnaire;
  • possibilité de limiter les responsabilités selon la profession et le type d'activité;
  • revenu d'entreprise imposé à un taux d'imposition moindre que pour un particulier;
  • possibilité d'utiliser l’exemption de gain en capital à la vente des actions de la société si elles se qualifient d’actions admissibles de petite entreprise;
  • choix de rémunération : salaire ou dividendes;
  • possibilité de mise en place d'un RRI;
  • possibilité de fractionnement des revenus avec des membres de la famille (conjoint et enfants majeurs), dans certaines circonstances;
  • permanence de la société.

Inconvénients

  • frais d'incorporation;
  • coûts de maintien de la société;
  • éléments potentiels de double imposition;
  • coût des avantages sociaux;
  • structure plus complexe.

L'incorporation permet de différer de l'impôt à payer sur un revenu d'entreprise actif. Afin de déterminer si l'incorporation est avantageuse, il faut considérer non seulement les revenus de l'individu, mais surtout son coût de vie.

 

Avez-vous planifié la relève de votre entreprise?

Les préoccupations de l'entrepreneur évoluent en fonction de son âge et du cycle de vie de son entreprise. Par contre, une fois l’entreprise bien établie, la rentabilité présente et souvent croissante, l’entrepreneur néglige souvent de prendre le temps de planifier la relève de son entreprise.

Bien que l'entrepreneur désire planifier sa relève et sa succession, il y consacre peu de temps. L'entrepreneur met jusqu'à 80 000 heures pour bâtir son entreprise et entre 6 et 10 heures pour planifier sa relève.

Par conséquent, 70 % des entreprises familiales ne survivent pas jusqu'à la deuxième génération, 90 % jusqu'à la troisième et, de celles-ci, seulement 1 % compte encore un membre de la famille.

Relève et succession

Près de 50 % des entrepreneurs souhaiteraient que leur entreprise demeure dans la famille. Presque tous cependant se disent isolés dans leur démarche.

Voici les quatre principales préoccupations de l'entrepreneur quant au partage ou à la vente de son entreprise :

  • Être juste envers tous les enfants;
  • La réaction des cadres supérieurs non-membres de la famille;
  • Les conflits familiaux;
  • Les charges fiscales.

Moins de 10 % des entrepreneurs auraient un plan écrit pour préparer leur relève et planifier leur succession. Dans la majorité des cas, les entrepreneurs se limitent aux aspects techniques (gel successoral, bilan successoral, testament, fiscalité, juste valeur marchande de l’entreprise, compagnies de portefeuille, assurance vie, etc.).

Rôle du planificateur financier

Quoique désireux de planifier sa succession et sa relève, l'entrepreneur se sent non moins démuni, et les résultats obtenus sont décevants.  L'entrepreneur ne doit pas hésiter à se faire aider par un conseiller compétent qui saura comprendre ses volontés, les attentes des héritiers, les besoins de l’entreprise, le rôle des cadres supérieurs et saura coordonner le travail des experts (comptables, fiscalistes, conseillers juridiques, assureurs, psychologues organisationnels) dans l'établissement des modalités de vente, de la structure et des conventions légales.

Le planificateur financier est en position d’aider l’entrepreneur à coordonner les efforts de mise en place de la planification successorale de l’entreprise avec les experts externes, plus particulièrement en ce qui a trait :

  • à la réorganisation du capital-actions (gel successoral, cristallisation du gain en capital);
  • à la convention entre actionnaires ou à la convention d'achat-vente;
  • à l'assurance vie et invalidité;
  • au testament;
  • au mandat de protection (ou mandat en cas d'inaptitude).

 

Connaissez-vous la déduction pour gain en capital ?

En 2019, les gains en capital réalisés sur des actions admissibles de petite entreprise et sur les biens agricoles ou de pêches admissibles donnent droit à la déduction pour gain en capital, laquelle peut atteindre un montant de 433 456 $ (866 912 $1 x 50 %) pour les actions admissibles de petite entreprise et d’un million pour les biens agricoles ou de pêche admissibles. Ce plafond est la limite de déduction à vie pour chaque personne. 

Actions admissibles de petite entreprise

Sont visées les actions de sociétés privées sous contrôle canadien. Plusieurs critères doivent être respectés dont, entre autres, concernant la détention des actions et l'utilisation des actifs.

Détention des actions

Selon le critère de la détention des actions, les actions ne doivent avoir appartenu à nulle autre personne que le particulier (ou une personne ou société de personnes liée à ce dernier) tout au long de la période de 24 mois qui précède la disposition.

Utilisation des actifs

Les actifs de la société doivent rencontrer les deux critères suivants :

  1. Tout au long de la période de 24 mois mentionnée ci-dessus, plus de 50 % de la juste valeur marchande des éléments d'actif de la société doit avoir été utilisée dans une entreprise exploitée activement, principalement au Canada.
  2. Au moment de la disposition des actions, la totalité ou presque (c.-à-d., selon l'ARC, 90 % et plus) de la juste valeur marchande des éléments d'actif doit avoir été utilisée dans une entreprise exploitée activement, principalement au Canada.

Certaines autres restrictions peuvent réduire ou même éliminer la déduction pour gain en capital, telles que la réalisation antérieure de pertes au titre de placement d'entreprise ou le solde du compte de perte nette cumulative sur placement. De plus, il est possible que cette déduction entraîne un impôt minimum de remplacement (IMR), impôt qui pourrait être récupéré dans les années d'imposition suivantes.

1Montant indexé annuellement

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